Racines et tubercules

Transformer le manioc avant qu'il ne se dégrade

La racine de manioc est une matière première exigeante : périssable en quelques jours, chargée en eau, abrasive et porteuse de composés cyanogènes. Nos équipements sont dimensionnés pour absorber la récolte dans sa fenêtre utile et conduire le procédé de détoxification jusqu'à un produit stable et commercialisable.

Racines de manioc fraîchement récoltées, présentées par un producteur
De la racine fraîche au gari, à l'attiéké, à la farine et à l'amidon
Le problème technique

Une course contre la détérioration physiologique

Dès l'arrachage, la racine de manioc entre en détérioration physiologique primaire : des stries vasculaires bleu-noir apparaissent en vingt-quatre à soixante-douze heures sous l'effet d'une cascade oxydative, puis la détérioration microbienne prend le relais. Passé ce délai, la racine reste comestible mais perd sa valeur marchande et son aptitude technologique — l'amidon se dégrade, la couleur du produit fini se ternit, le rendement d'extraction chute.

Toute la conception d'une unité de transformation du manioc découle de cette contrainte : la capacité horaire installée doit correspondre au flux d'approvisionnement quotidien mobilisable dans un rayon de collecte compatible avec ce délai de soixante-douze heures. Une machine deux fois trop grande ne compense jamais un bassin de production trop dispersé.

S'y ajoutent deux contraintes propres à la matière. D'abord la toxicité potentielle : les hétérosides cyanogènes, principalement la linamarine, libèrent de l'acide cyanhydrique sous l'action de la linamarase endogène. Le râpage, qui met en contact l'enzyme et son substrat, est précisément l'étape qui déclenche la détoxification ; le pressage évacue la fraction soluble, la fermentation et le traitement thermique achèvent l'élimination. Ensuite l'abrasivité : la terre résiduelle et la silice adhérant à l'épiderme usent prématurément les organes de travail si le lavage est négligé.

Fenêtre de traitement

24 à 72 heures après arrachage avant dégradation visible de la racine.

Teneur en eau initiale

Environ 60 à 70 % sur base humide, ramenée à 45 % au pressage puis à 10-12 % au séchage.

Détoxification

Râpage (mise en contact enzymatique), pressage, fermentation et traitement thermique agissent en séquence.

Usure des organes

Le lavage préalable conditionne directement la durée de vie des tôles de râpe et des vis de presse.

Ordres de grandeur agronomiques et technologiques usuels de la filière ; les valeurs retenues pour une installation donnée sont établies après analyse des racines effectivement collectées (teneur en eau, taux d'amidon, charge terreuse).

Chaîne de procédé

Six opérations, une seule logique : évacuer l'eau et les toxiques

La ligne se lit comme une succession de séparations : séparer la terre, séparer l'eau libre, séparer les particules grossières, puis stabiliser thermiquement. Chaque poste est dimensionné pour ne jamais être le goulet d'étranglement du poste suivant.

01

Réception, lavage et épluchage

Les racines sont pesées, triées puis lavées en tambour rotatif à barreaux, l'abrasion mutuelle décollant la terre et l'écorce externe. L'épluchage complémentaire élimine le périderme, siège d'une part importante des composés cyanogènes.

Paramètres de conduite

  • Consommation d'eau 1,5 à 3 m³/t
  • Perte à l'épluchage 15 à 25 % en masse
  • Vitesse de tambour 12 à 25 tr/min
02

Râpage

Un tambour garni de tôles perforées tournant à grande vitesse périphérique désintègre la racine en une pulpe fine. La finesse obtenue conditionne à la fois le taux de libération des granules d'amidon et l'efficacité de la détoxification enzymatique.

Paramètres de conduite

  • Vitesse périphérique 20 à 35 m/s
  • Énergie spécifique 8 à 20 kWh/t indicatif
  • Granulométrie visée < 2 mm majoritaire
03

Pressage et déshydratation mécanique

La pulpe est mise en sacs ou chargée en cage de presse. La montée en pression doit être progressive : une contrainte appliquée trop vite colmate la couche superficielle et emprisonne l'eau au cœur de la masse.

Paramètres de conduite

  • Pression finale 8 à 20 bar selon produit
  • Durée de cycle 20 à 90 min (presse discontinue)
  • Humidité en sortie 45 à 50 % base humide
04

Émottage et tamisage

Le gâteau de presse compacté est désagrégé puis classé sur tamis vibrant ou rotatif. Le refus est recyclé ; le passant alimente la cuisson ou le séchage avec une granulométrie homogène, condition d'un traitement thermique régulier.

Paramètres de conduite

  • Ouverture de maille 0,5 à 1,5 mm selon produit
  • Taux de refus recyclé 5 à 15 %
  • Amplitude de vibration réglable en exploitation
05

Cuisson, torréfaction ou séchage

Selon le produit visé : torréfaction du gari sur sole ou vis chauffée avec malaxage continu, précuisson à la vapeur pour la semoule d'attiéké, séchage convectif pour la farine, ou séchage flash pour l'amidon natif dont il faut préserver la structure granulaire.

Paramètres de conduite

  • Torréfaction gari 120 à 160 °C, 15 à 25 min
  • Séchage farine 55 à 70 °C, air pulsé
  • Amidon natif < 60 °C pour éviter la gélatinisation
06

Refroidissement, classement et conditionnement

Le produit est refroidi avant ensachage — conditionner un produit chaud provoque une condensation interne et une reprise d'humidité fatale à la conservation. Tamisage final, détection des corps étrangers, pesage et scellage.

Paramètres de conduite

  • Humidité finale 10 à 12 % (gari, farine)
  • Température d'ensachage < 35 °C
  • Conditionnement sacs PP/PE, big-bags, sachets thermosoudés

Les plages indiquées sont des ordres de grandeur de conception issus de la pratique du procédé ; elles sont ajustées pour chaque installation après caractérisation de la matière première réellement traitée.

Notre catalogue manioc

10 machines au catalogue

Chaque machine dispose de sa fiche détaillée : fonction dans la chaîne de procédé, principe de fonctionnement, caractéristiques indicatives, conditions d'installation, maintenance et demande de devis directe.

Postes de la chaîne

Machines unitaires et lignes intégrées

Chaque machine existe en plusieurs tailles. Les ensembles peuvent être livrés en ligne continue reliée par convoyeurs, ou en postes indépendants pour une montée en capacité progressive — configuration souvent mieux adaptée aux coopératives.

MAN-01

Laveuse-éplucheuse à tambour

Tambour à barreaux inox monté sur galets, lavage par aspersion à contre-courant et abrasion mutuelle des racines. Évacuation des eaux terreuses par goulotte vers décanteur.

  • Débit 0,5 à 3 t/h
  • Puissance 3 à 11 kW
  • Matériaux au contact inox AISI 304
  • Eau consommée 1,5 à 3 m³/t
MAN-02

Râpeuse à tambour denté

Rotor équilibré garni de tôles perforées interchangeables, carter inox, trémie d'alimentation à goulotte anti-retour, capot à sécurité de position coupant l'alimentation à l'ouverture.

  • Débit 0,5 à 3 t/h
  • Puissance 7,5 à 30 kW
  • Vitesse périphérique 20 à 35 m/s
  • Organes d'usure tôles de râpe interchangeables
MAN-03

Presse hydraulique à plateaux

Bâti mécano-soudé, vérin hydraulique avec limiteur de pression, plateaux de répartition et bac de récupération des effluents. Montée en pression contrôlée pour éviter le colmatage.

  • Charge par cycle 150 à 600 kg
  • Pression 8 à 20 bar
  • Cycle 20 à 90 min
  • Humidité en sortie 45 à 50 %
MAN-04

Presse à vis continue

Vis à pas dégressif dans un panier à barreaux réglable par cône de contre-pression. Adaptée aux flux réguliers et aux capacités supérieures à la tonne par heure.

  • Débit 0,8 à 4 t/h
  • Puissance 11 à 30 kW
  • Réglage cône de contre-pression
  • Fonctionnement continu
MAN-05

Émotteur-tamiseur

Désagrégation du gâteau de presse par batteurs puis classement sur tamis vibrant ou rotatif à mailles interchangeables. Recyclage automatique du refus vers l'émotteur.

  • Débit 0,3 à 2 t/h
  • Puissance 2,2 à 7,5 kW
  • Mailles 0,5 à 1,5 mm
  • Châssis acier peint, contact inox
MAN-06

Torréfacteur à vis chauffée

Vis de malaxage dans une auge chauffée au gaz ou à la biomasse, avec régulation thermique et hotte d'extraction des buées. Conçu pour supprimer l'exposition directe des opérateurs au foyer.

  • Débit 80 à 500 kg/h
  • Température 120 à 160 °C
  • Énergie gaz, biomasse ou électrique
  • Contact produit inox AISI 304
MAN-07

Séchoir tunnel à chariots

Chambre isolée, générateur d'air chaud indirect — la denrée n'est jamais en contact avec les fumées de combustion —, ventilation forcée et recyclage partiel de l'air pour limiter la consommation.

  • Capacité 200 à 2 000 kg/batch
  • Température 50 à 80 °C réglable
  • Chauffage indirect, échangeur
  • Humidité finale 10 à 12 %
MAN-08

Ligne d'extraction d'amidon

Râpage fin, extraction hydraulique sur tamis à jet, séparation par décantation ou hydrocyclones, déshydratation mécanique et séchage flash préservant la structure granulaire de l'amidon natif.

  • Débit racines 1 à 5 t/h
  • Eau de process 5 à 10 m³/t
  • Séchage flash, < 60 °C produit
  • Blancheur dépend du délai racine-process
MAN-09

Ligne attiéké / placali

Postes de fermentation contrôlée, pressage, émottage, granulation et précuisson à la vapeur, dimensionnés pour une production régulière et une qualité sanitaire maîtrisée.

  • Débit 100 à 800 kg/h
  • Fermentation 12 à 48 h selon ferment
  • Cuisson vapeur saturée
  • Nettoyage postes démontables
Postes complémentaires étudiés sur demande à valider

Les postes décrits ci-dessus complètent les machines du catalogue : ils sont étudiés, adaptés ou fabriqués sur demande selon la configuration de votre ligne. Les valeurs indiquées sont des plages de conception usuelles pour ce type d'équipement ; les caractéristiques contractuelles sont établies projet par projet par le bureau d'études SOTIC et ne constituent pas un engagement à ce stade.

Qualité et rendement

Ce qui sépare une bonne unité d'une unité rentable

À procédé identique, l'écart de résultat entre deux unités tient à quatre variables que nous instruisons systématiquement en phase d'étude — et que nous vérifions à la réception en charge.

Rendement matière

De la racine au produit fini, les pertes cumulées à l'épluchage, au pressage et au tamisage déterminent le coût de revient à la tonne. Chaque point de rendement gagné se lit directement au compte d'exploitation.

Résiduel cyanhydrique

La séquence râpage – pressage – fermentation – traitement thermique doit être conduite intégralement. Un raccourci sur la durée de fermentation ou la température de torréfaction laisse un résiduel incompatible avec les recommandations sanitaires.

Granulométrie et régularité

Un produit hétérogène sèche irrégulièrement, se conserve mal et se négocie moins bien. La maîtrise du tamisage et du recyclage du refus conditionne la constance du calibre livré.

Hygiène de conception

Surfaces au contact en inox, angles rayonnés, absence de zones de rétention, démontage rapide pour nettoyage : l'aptitude au nettoyage se conçoit sur le plan, elle ne se rattrape pas en exploitation.

Questions fréquentes

manioc : ce qu'il faut vérifier avant d'investir

Votre projet manioc

Dimensionnons votre unité manioc sur votre gisement réel

Indiquez-nous le tonnage de racines mobilisable par jour, la distance moyenne de collecte, l'énergie disponible sur le site et le produit fini visé : nous revenons vers vous avec une proposition de configuration argumentée.

Racines de manioc fraîchement récoltées, présentées par un producteur